Publié le 21 juillet 2026 par Équipe Objectif Gardien
La cohabitation sous la Ve République : l'essentiel pour le concours
Qu'est-ce que la cohabitation, combien la France en a connu et pourquoi le quinquennat les a rendues rares : tout pour le QCM du concours de Gardien de la Paix.
La cohabitation désigne la situation où le président de la République et le Premier ministre appartiennent à des camps politiques opposés. Elle se produit quand les élections législatives donnent une majorité à l’Assemblée nationale contraire au président en place. La France en a connu trois sous la Ve République, toutes entre 1986 et 2002. C’est une question qui revient régulièrement au QCM de culture générale, et elle se règle avec trois dates, quelques noms et une réforme.
Qu’est-ce que la cohabitation sous la Ve République ?
La Constitution de 1958 confie au président le soin de nommer le Premier ministre, sans préciser d’où il doit venir. En pratique, un gouvernement ne peut gouverner que s’il dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale, sous peine d’être renversé par une motion de censure. Le président est donc contraint : quand la majorité des députés lui est hostile, il doit nommer un Premier ministre issu de cette majorité, donc de l’opposition à sa propre ligne. Voilà la cohabitation.
Article 8 de la Constitution : « Le Président de la République nomme le Premier ministre. »
Concrètement, les rôles se redistribuent. En temps normal, le président fixe le cap et le Premier ministre l’applique. En cohabitation, le rapport de force s’inverse largement. Le gouvernement, qui « détermine et conduit la politique de la Nation » selon l’article 20, reprend la main sur les affaires intérieures : budget, économie, réformes sociales. Le président, lui, se replie sur ce qu’on appelle le domaine réservé, principalement la défense et les affaires étrangères, où il conserve une influence forte sans en avoir le monopole absolu. Il garde aussi des armes : il préside le Conseil des ministres, signe ou refuse de signer les ordonnances, et peut dissoudre l’Assemblée. Ce partage nourrit une lecture erronée fréquente au concours, celle d’un président réduit à l’impuissance. C’est faux : il reste un contre-pouvoir actif, pas un figurant.
Pour réviser le détail de ce partage des pouvoirs, la fiche sur le rôle du président de la République et celle sur le rôle du Premier ministre se complètent utilement.
Combien de cohabitations la France a-t-elle connues ?
Trois, pas une de plus. Retenez-les comme un bloc, avec le président d’un côté et son Premier ministre imposé de l’autre.
| Période | Président | Premier ministre | Contexte |
|---|---|---|---|
| 1986-1988 | François Mitterrand (gauche) | Jacques Chirac (droite) | La droite gagne les législatives de 1986 |
| 1993-1995 | François Mitterrand (gauche) | Édouard Balladur (droite) | Défaite de la gauche aux législatives de 1993 |
| 1997-2002 | Jacques Chirac (droite) | Lionel Jospin (gauche) | Chirac dissout l’Assemblée et perd son pari |
La première, de 1986 à 1988, est la matrice. François Mitterrand, président socialiste, perd les législatives de mars 1986 et nomme Jacques Chirac à Matignon. Personne ne savait alors si les institutions tiendraient le choc : elles ont tenu. La deuxième, de 1993 à 1995, rejoue la même partition, Mitterrand face à Édouard Balladur cette fois. La troisième est la plus instructive, parce qu’elle résulte d’une erreur. En 1997, Jacques Chirac, président de droite disposant d’une majorité confortable, décide de dissoudre l’Assemblée pour la renouveler à son avantage. Les électeurs lui infligent une défaite et envoient une majorité de gauche. Chirac doit nommer le socialiste Lionel Jospin, pour cinq longues années. Cette cohabitation-là, la plus longue, a directement préparé la réforme qui allait les faire disparaître.
Un piège classique du QCM consiste à mélanger les couples. On vous proposera « Mitterrand et Jospin » ou « Chirac et Balladur », qui sonnent vrais mais n’ont jamais cohabité. La parade : mémoriser les trois duos exacts, dans l’ordre. Mitterrand a cohabité deux fois avec un Premier ministre de droite ; Chirac une fois avec un Premier ministre de gauche.
Pourquoi les cohabitations ont-elles disparu après 2000 ?
Parce qu’on a changé les règles du calendrier. Jusqu’en 2000, le président était élu pour sept ans (le septennat) et les députés pour cinq ans. Ce décalage garantissait qu’à un moment ou à un autre, une élection législative viendrait contredire le président en cours de mandat. La cohabitation n’était pas un accident, c’était une conséquence mécanique du calendrier.
Deux réformes coup sur coup ferment cette porte. D’abord le référendum du 24 septembre 2000, qui ramène le mandat présidentiel à cinq ans, le quinquennat. Le « oui » l’emporte largement, mais avec une abstention record : le sujet passionnait la classe politique plus que les électeurs. Ensuite, en 2002, on organise la présidentielle avant les législatives, à quelques semaines d’intervalle. C’est l’inversion du calendrier électoral. L’idée est simple et redoutablement efficace : un président fraîchement élu bénéficie d’un élan qui pousse les électeurs à lui donner dans la foulée une majorité de députés cohérente. Depuis 2002, chaque présidentielle a bien été suivie d’une majorité présidentielle à l’Assemblée.
Faut-il en conclure que la cohabitation a disparu pour toujours ? Non, et c’est là qu’il faut être précis pour ne pas se faire piéger sur une question d’actualité. En juin 2024, Emmanuel Macron a dissous l’Assemblée nationale, la première dissolution jamais décidée en cours de quinquennat. Le scrutin n’a donné de majorité absolue à personne : une Assemblée fragmentée, une majorité seulement relative, mais pas de cohabitation au sens strict, car aucun camp d’opposition ne détenait à lui seul la majorité pour imposer son Premier ministre. La leçon à retenir : le quinquennat a rendu les cohabitations improbables, pas impossibles, et une dissolution peut toujours rouvrir le jeu. À la date de 2026, la France reste à trois cohabitations historiques.
Comment la cohabitation tombe-t-elle au QCM ?
Le format du concours, fixé par l’arrêté du 8 mars 2022, propose 40 questions à trois propositions, une seule bonne réponse, noté sur 20 avec un coefficient 2. Sur la cohabitation, les formulations tournent autour de quelques repères stables :
- Combien de cohabitations la Ve République a-t-elle connues ? (réponse : trois)
- Qui nomme le Premier ministre ? (le président de la République, article 8)
- En quelle année le quinquennat a-t-il été adopté par référendum ? (2000)
- Quel président a cohabité avec Lionel Jospin ? (Jacques Chirac)
- Le septennat durait combien d’années ? (sept)

Remarquez la logique : chaque question teste un repère unique, et les mauvaises propositions recyclent des éléments exacts mais déplacés. « 2002 » est une vraie date (l’inversion du calendrier), mais pas celle du référendum sur le quinquennat. « Balladur » est un vrai Premier ministre de cohabitation, mais pas celui de Chirac. Le bon réflexe n’est pas de relire dix fois une fiche, c’est de s’entraîner sur des questions pour repérer ces distracteurs à froid. C’est exactement ce que propose le thème cadre institutionnel et politique d’Objectif Gardien : chaque réponse est suivie d’une correction expliquée, et le mode examen blanc remet ces questions en conditions réelles, 40 questions chronométrées notées sur 20. Dix questions sont accessibles gratuitement, sans compte, pour situer votre niveau.
Un dernier repère de méthode. La cohabitation appartient à un chapitre rentable, celui des institutions de la Ve République, où le périmètre est borné et les faits stables. Trois dates, trois duos, une réforme : l’ensemble tient sur une fiche et rapporte plusieurs points le jour J. Pour consolider le tableau d’ensemble, l’article sur les présidents de la Cinquième République fournit la chronologie complète dans laquelle ces cohabitations s’insèrent.
Sources officielles : Conseil constitutionnel, comment la Constitution organise la cohabitation et Vie-publique.fr, le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral.
