Publié le 10 août 2026 par Équipe Objectif Gardien
La Troisième République au concours de Gardien de la Paix
La Troisième République (1870-1940) pour le concours de Gardien de la Paix : lois de 1875, symboles républicains, lois Ferry et loi de 1905.
La Troisième République est le régime le plus long de notre histoire, et pourtant c’est souvent celui que les candidats révisent le moins. Elle court de 1870 à 1940, elle donne à la France ses lois constitutionnelles de 1875, et c’est sous elle que naissent la plupart des symboles républicains que le concours de Gardien de la Paix vous demande de connaître : la Marseillaise, le 14 juillet, l’école gratuite et laïque, la séparation des Églises et de l’État. Voici les bornes qui tombent vraiment au QCM et la méthode pour les ancrer.
Qu’est-ce que la Troisième République ?
La Troisième République naît d’une défaite militaire. Le 4 septembre 1870, deux jours après la capitulation de Napoléon III à Sedan face à la Prusse, la République est proclamée à Paris et le Second Empire s’effondre. Le régime commence donc dans le désordre : guerre perdue, Commune de Paris au printemps 1871, et une Assemblée majoritairement monarchiste qui ne veut pas d’une République durable.
C’est le premier paradoxe à retenir. Pendant quatre ans, la France est une République sans Constitution, dirigée par des hommes qui espèrent restaurer un roi. Le désaccord entre les prétendants au trône fait échouer ce projet, et faute de mieux, les députés finissent par doter le pays d’institutions républicaines. La République s’installe donc par défaut, presque à contrecœur.
Elle durera pourtant soixante-dix ans, jusqu’au 10 juillet 1940, quand l’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain après la défaite de 1940. Le lendemain, Pétain se proclame « chef de l’État français » : c’est la fin de la Troisième République et le début du régime de Vichy. Ces deux dates encadrent la période, 1870 et 1940, et le concours aime les faire coïncider avec d’autres régimes pour vous piéger.

Les lois constitutionnelles de 1875 : comment fonctionnait le régime ?
Contrairement à la Ve République, qui repose sur un texte unique adopté en 1958, la Troisième République n’a jamais eu de Constitution au sens classique. Elle fonctionne à partir de trois lois constitutionnelles votées en 1875 :
- la loi du 24 février 1875 sur l’organisation du Sénat ;
- la loi du 25 février 1875 relative à l’organisation des pouvoirs publics ;
- la loi du 16 juillet 1875 sur les rapports entre les pouvoirs publics.
Trois textes courts, une trentaine d’articles au total, et c’est tout. Le concours peut vous demander « combien de lois constitutionnelles fondent la Troisième République ? » : la réponse est trois, en 1875.
Un détail savoureux mérite sa place dans votre fiche, parce qu’il revient parfois au QCM sous forme d’anecdote. Le mot « République » n’entre dans le texte que grâce à l’amendement Wallon, adopté le 30 janvier 1875 à une seule voix de majorité. Une voix a suffi à inscrire la forme républicaine du régime. Voilà un repère facile à mémoriser et qui distingue le candidat sérieux.
Les trois lois constitutionnelles de 1875 organisent un régime parlementaire bicaméral, avec une Chambre des députés élue au suffrage universel masculin et un Sénat, un président de la République élu par les deux chambres et un président du Conseil chef du gouvernement.
Retenez la distinction des fonctions, car elle piège beaucoup de monde. Sous la Troisième République, le chef de l’État est le président de la République, mais le vrai chef du gouvernement est le président du Conseil, un poste qui n’existe plus aujourd’hui et que la Ve République a fondu dans celui de Premier ministre. Quand vous réviserez le fonctionnement de la Cinquième République, la comparaison rendra la logique plus claire.
Quels symboles et quelles lois républicaines sont nés sous la IIIe République ?
C’est le point le plus rentable de cette période, et celui que beaucoup de candidats ignorent. La plupart des symboles de la République que le concours vous demande de connaître ont été officialisés sous la Troisième République, pas sous la Révolution.
La Marseillaise devient l’hymne national par un décret du 14 février 1879. Le 14 juillet devient la fête nationale par une loi de 1880, en commémoration de la prise de la Bastille de 1789 et de la Fête de la Fédération de 1790. Marianne, avec son bonnet phrygien, s’impose dans les mairies et sur les timbres dans ces mêmes années 1880. Autrement dit, le socle symbolique que vous réviserez dans l’article sur les symboles de la République date, pour l’essentiel, de la Troisième République.
Vient ensuite l’école. Les lois Jules Ferry rendent l’enseignement primaire gratuit (loi du 16 juin 1881) puis obligatoire et laïque (loi du 28 mars 1882), pour les enfants de 6 à 13 ans. Ce trio, gratuit, obligatoire, laïque, est un classique absolu du QCM. Une question maligne peut vous proposer une seule de ces trois caractéristiques et vous demander laquelle Ferry a instaurée : la bonne réponse est les trois.
Enfin, la grande loi de la période : la loi de séparation des Églises et de l’État, promulguée le 9 décembre 1905. Elle instaure la laïcité de l’État, met fin au régime du Concordat de 1801 et garantit la liberté de conscience. Elle prolonge directement l’œuvre scolaire de Ferry. Pour un futur policier, c’est un texte central, puisque la neutralité de l’agent public en découle. L’article dédié à la laïcité détaille ce que cette loi implique concrètement au concours.
Comment mémoriser la Troisième République pour le QCM ?
Le piège numéro un, ce sont les dates de régime. Le concours adore juxtaposer 1870, 1875, 1946, 1958 pour vous faire hésiter entre les Républiques. Fixez deux ancres et vous ne vous tromperez plus : la Troisième naît en 1870 et meurt en 1940 ; la Quatrième vient en 1946 ; la Cinquième en 1958. Trois bornes, trois régimes, dans l’ordre.
Le deuxième piège joue sur l’attribution des symboles. Beaucoup répondent « Révolution française » quand on leur demande depuis quand la Marseillaise est l’hymne national. C’est faux : la Marseillaise date bien de 1792 comme chant, mais elle n’est hymne officiel que depuis 1879, sous la Troisième République. Même logique pour le 14 juillet comme fête nationale, qui est de 1880. Distinguez toujours la création d’un symbole de son adoption officielle.
Ne cherchez pas à retenir toute la période dans le détail universitaire. Le programme, fixé par l’arrêté du 8 mars 2022, demande les grandes périodes de l’Histoire de France, pas la liste des présidents du Conseil. Construisez une fiche de cinq repères : 1870 (naissance), 1875 (les trois lois), 1879-1880 (Marseillaise et 14 juillet), 1881-1882 (lois Ferry), 1905 (séparation). Un dossier officiel comme celui du Sénat sur les lois scolaires de Jules Ferry permet de vérifier une date en cas de doute, plutôt que de se fier à une mémoire approximative.
Reste l’essentiel : transformer ces repères en réflexes. Retenir une date dans un cours et la retrouver sous chronomètre sont deux exercices différents, et c’est le second que le concours évalue. Le mode examen blanc d’Objectif Gardien reproduit l’épreuve réelle, 40 questions, trois choix, chrono, note sur 20, avec la correction expliquée après chaque réponse. Vous pouvez aussi travailler la période via le thème Histoire de France, qui regroupe les questions par grande époque, et croiser vos repères avec les grandes dates de l’histoire de France pour situer la Troisième République dans la frise complète. Cinq dates solides, la distinction entre création et adoption des symboles, et une question Troisième République ne vous coûtera plus un point le jour J.
