Objectif Gardien

Publié le 21 juin 2026 par Équipe Objectif Gardien

14 juillet : 1789 ou 1790 ? La réponse pour le concours

Le 14 juillet, fête nationale française : commémore-t-elle 1789 ou 1790 ? Origine, loi de 1880 et pièges du QCM au concours de Gardien de la Paix.

Posez la question à dix candidats au concours de Gardien de la Paix : que commémore le 14 juillet ? Neuf répondront la prise de la Bastille. Et neuf sur dix se feront piéger si le QCM est bien construit. La réponse exacte est plus subtile : la fête nationale du 14 juillet renvoie à deux événements, la prise de la Bastille en 1789 et la Fête de la Fédération en 1790, et c’est une loi de 1880 qui en fait notre fête nationale. Voici ce qu’il faut tenir pour ne pas perdre ce point.

1789 ou 1790 : que commémore vraiment le 14 juillet ?

Les deux. C’est tout le piège, et c’est pour ça que la question revient.

Le 14 juillet 1789, des Parisiens prennent la Bastille, prison royale devenue le symbole de l’arbitraire de la monarchie. La forteresse ne détenait pourtant que sept prisonniers ce jour-là, mais sa chute a une portée immense : elle marque le moment où le peuple de Paris fait plier le pouvoir royal. L’événement est devenu le marqueur du début de la Révolution française. C’est la date que tout le monde connaît, celle des manuels et des films.

Un an plus tard, le 14 juillet 1790, se tient la Fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, à Paris. La Fayette, à la tête de la garde nationale, propose une grande célébration de l’unité des Français. Des fédérés venus de toutes les régions s’y retrouvent, le roi Louis XVI prête serment à la Constitution, et la Nation se met en scène réconciliée autour d’un projet commun. Là où 1789 célèbre l’élan révolutionnaire et populaire, 1790 célèbre la concorde et l’unité nationale.

Quand un QCM vous demande « que commémore le 14 juillet ? » avec une seule bonne réponse, méfiez-vous. Si une proposition mentionne uniquement la prise de la Bastille et qu’une autre évoque la Fête de la Fédération, regardez bien l’énoncé : une question rigoureuse précisera « le 14 juillet 1789 » ou « le 14 juillet 1790 ». C’est l’année dans l’énoncé qui tranche, pas votre réflexe.

Depuis quand le 14 juillet est-il la fête nationale ?

Voici la deuxième couche du piège, et sans doute la plus discriminante. La fête nationale n’a pas été instaurée pendant la Révolution. Elle date de la Troisième République, près d’un siècle plus tard.

Tout part d’un projet de loi déposé par Benjamin Raspail, député de Paris, le 21 mai 1880. Le texte est adopté par la Chambre des députés le 8 juin, puis par le Sénat le 29 juin. La loi est promulguée le 6 juillet 1880. C’est elle qui institue le 14 juillet comme jour de fête nationale.

Loi du 6 juillet 1880 : « La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. »

Pourquoi 1880 et pas plus tôt ? Parce que les républicains de la Troisième République cherchent alors à enraciner leur régime, encore jeune et fragile, dans l’héritage de la Révolution. Choisir le 14 juillet, c’est rattacher symboliquement la République de 1880 à 1789, affirmer une filiation et couper court aux nostalgies monarchistes. Le même mouvement explique d’autres décisions de cette période, comme le rétablissement de La Marseillaise comme hymne national en 1879, que vous croiserez dans notre article sur les symboles de la République.

Le piège pour le candidat est donc double. D’abord confondre 1789 et 1790. Ensuite croire que la fête existe depuis la Révolution alors qu’elle est née en 1880. Les deux erreurs sont courantes, et le jury le sait.

Écran de l'application Objectif Gardien affichant le thème Valeurs et Symboles Républicains et le mode examen blanc chronométré pour réviser le 14 juillet et la fête nationale

Pourquoi la loi de 1880 reste-t-elle volontairement floue ?

C’est le détail qui fait la différence entre un candidat qui a appris une fiche et un candidat qui a compris le sujet.

La loi du 6 juillet 1880 ne précise pas si le 14 juillet honore 1789 ou 1790. Ce flou n’est pas un oubli, il est calculé. À la Chambre, deux sensibilités s’affrontaient. Les républicains les plus convaincus tenaient à la prise de la Bastille de 1789, à sa charge révolutionnaire et à son héroïsme populaire. Les républicains modérés, et quelques élus plus conservateurs, préféraient la Fête de la Fédération de 1790, plus consensuelle, qui gommait la violence de la Bastille et donnait l’image d’une France unie.

En laissant la date sans référence explicite à une année, le législateur a permis à chacun d’y projeter sa lecture. Le 14 juillet est ainsi devenu un point d’accord rare entre des camps qui s’opposaient sur presque tout. Cette ambiguïté fondatrice est restée : aujourd’hui encore, la fête nationale célèbre officiellement les deux événements à la fois.

Pour le concours, cette nuance vaut de l’or. Si un QCM propose une réponse du type « le 14 juillet commémore à la fois la prise de la Bastille (1789) et la Fête de la Fédération (1790) », c’est très probablement la bonne. Une formulation qui enferme la fête dans un seul des deux événements est, le plus souvent, le distracteur.

Quels pièges du 14 juillet tombent au QCM, et comment les éviter ?

Récapitulons les confusions que le concours exploite, parce que les connaître, c’est déjà la moitié du travail.

Premier piège, l’année. Bastille en 1789, Fédération en 1790. Une seule année d’écart, des dizaines de candidats qui se trompent.

Deuxième piège, la date d’instauration. La fête nationale est créée par la loi du 6 juillet 1880, pas en 1789. Si une question porte sur « depuis quand le 14 juillet est-il férié et national », la réponse est 1880, sous la Troisième République. Et si l’énoncé glisse une proposition « depuis la Révolution » ou « depuis 1789 », c’est un distracteur destiné à récompenser le réflexe au lieu de la connaissance.

Troisième piège, le défilé militaire. Beaucoup l’associent à un défilé sur les Champs-Élysées de toujours. En réalité, le premier défilé militaire du 14 juillet a eu lieu en 1880 à l’hippodrome de Longchamp, et c’est seulement plus tard que la cérémonie a gagné l’avenue que l’on connaît. Une question sur le lieu d’origine du défilé peut servir de question de tri.

Quatrième piège, le rôle des personnages. Retenez La Fayette pour la Fête de la Fédération de 1790 et Benjamin Raspail pour la loi de 1880. Intervertir les deux, c’est offrir un point à l’examinateur.

La bonne méthode pour ancrer tout ça n’est pas de relire dix fois la fiche. C’est de se tester. Le mode examen blanc d’Objectif Gardien vous met dans les conditions réelles, 40 questions à 3 propositions, une seule bonne réponse, chrono lancé et note sur 20, avec la correction expliquée après chaque réponse. C’est là, sur une question piège comme celle du 14 juillet, que vous découvrez si vous savez vraiment ou si vous croyez savoir. Les premières questions sont gratuites, sans compte, et la Préparation Complète à 9,90 € ouvre la banque entière et les examens blancs illimités.

Pour replacer ces repères dans le fil de la Révolution et des régimes successifs, faites un passage par les grandes dates de l’histoire de France et par le thème Valeurs et symboles républicains. Le 14 juillet est exactement le genre de question qui sépare ceux qui ont travaillé le détail de ceux qui se sont arrêtés à la surface. Travaillez-la, et elle devient un point acquis.

Sources : info.gouv.fr, pourquoi le 14 juillet est notre fête nationale, vie-publique.fr, que célèbre-t-on le 14 juillet.

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